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Journal

Publié le 9 septembre 2023

Peu importe d’où tu viens, ce qui compte c’est qui tu es

Un petit-déjeuner français est surtout autrichien, chinois et sud-asiatique. Personne ne le renvoie en cuisine.

Un café, un croissant et un jus d’orange sur une table en bois, une piste de ski alpine en arrière-plan.

Prendre un petit-déjeuner français dans notre station est l’un des vrais plaisirs de la vie. Le café frais, le croissant qui s’émiette sous le regard plein d’espoir de notre chienne blottie contre nos pieds, le jus d’orange pressé — le tout encadré de montagnes majestueuses couvertes de neige et des premiers rayons du soleil qui desserrent l’étreinte du gel nocturne.

Nous le voyons comme la quintessence de la France ; il n’en est évidemment rien. Le croissant vient d’Autriche, de Roumanie ou de Turquie selon qui raconte l’histoire ; le café et les oranges du sud de la Chine et de l’Asie du Sud-Est. Tout sauf une invention française. Mais quand vos lèvres prennent la première gorgée d’un café fraîchement moulu devant ce panorama ensoleillé, est-ce que cela compte vraiment ? Allez-vous vous dire : « bon, je vais aller expliquer au patron que rien dans son petit-déjeuner n’est français » ? Non. Vous profiterez du soleil et de votre café.

Pourquoi tenons-nous tant à savoir d’où nous venons ?

Il existe une faim d’identité qui pousse à fouiller son passé pour tenter d’expliquer qui l’on est et quelle est sa place dans le monde. J’ai fait l’un de ces tests ADN, par curiosité et pour trancher une dispute familiale. Il paraît que je suis composé d’au moins six ingrédients : un bâtard de pure race. Je descends peut-être même de gens qui déclenchaient des guerres à l’époque viking.

Cela explique-t-il ma façon de traiter ma famille après une longue journée ? Cela excuse-t-il mes mauvais comportements ? Cela explique-t-il même ce que je fais de bien ? Un « bien sûr que non » retentissant me revient.

Nos décisions ne sont pas la faute de nos ancêtres. Nous répondons de nos propres actes devant celui d’en haut.

Nos origines influencent pourtant nos comportements. Nos parents et leurs parents ont façonné notre vision du monde, même lorsque nous décidons de penser exactement l’inverse. Nous sommes peut-être plus prisonniers que nous ne le croyons. Notre colère incontrôlable est peut-être le fruit de générations qui réglaient les conflits par la brutalité.

Bonne nouvelle

Quelles que soient nos origines, quelqu’un s’est avancé avec une promesse extraordinaire. Il se trouve qu’il était un être humain parfait, et il s’en porte garant. Il a dit : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature : les choses anciennes sont passées, voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »

Nous avons une nouvelle ascendance, et elle se révèle plutôt bonne. Pour la garantir, il a payé le prix de votre adoption pleine et entière dans sa famille. Oui, il est mort pour effacer les dettes que nous avions accumulées, mais il est aussi ressuscité pour que sa nouvelle famille n’ait jamais de fin.

Il nous invite, vous et moi, à en faire partie. Je fais encore des erreurs, mais la qualité croissante de son ADN en moi produit de vrais changements.

Ma chienne apprécie sans doute les miettes de croissant qui tombent de ma table pendant que je contemple la neige, mais peu importe. Ce petit-déjeuner est entièrement français, et j’appartiens à une nouvelle famille.

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    Un parcours dans l’évangile de Matthieu, et un goût retrouvé pour la Bible.